Fiscalité en Italie : vers un paradis fiscal en 2025 ?

Tour complet de la fiscalité en Italie en 2025 : impôt sur le revenu, entreprises, patrimoine… et pourquoi certains y voient un paradis fiscal.

En 2025, la fiscalité en Italie suscite un nouvel engouement — non plus en raison de sa complexité, mais pour les réformes profondes qu’elle a connues. IRPEF, IRES, TVA, succession, immobilier : tout le système fiscal italien a évolué.

Face à ces changements, une question se pose pour de nombreux expatriés : l’Italie serait-elle en train de devenir un paradis fiscal ?

Ce guide décrypte les réformes clés, les régimes fiscaux avantageux et les nouvelles opportunités offertes par la fiscalité en Italie.

1. L’impôt sur le revenu en Italie (IRPEF)

Barèmes 2025

En 2025, l’Italie applique un impôt sur le revenu progressif appelé IRPEF, structuré autour de trois tranches :

Revenu imposable (EUR)Taux IRPEF
Jusqu’à 28 000 €23 %
De 28 001 à 50 000 €35 %
Au-delà de 50 000 €43 %

À ces taux nationaux s’ajoutent des contributions régionales (entre 1,23 % et 3,33 %) et communales (jusqu’à 0,9 %), ce qui peut porter le taux global effectif à près de 47 % dans certaines grandes villes comme Rome ou Milan.

Une réforme importante

La loi de finances 2024 a simplifié l’IRPEF en réduisant le nombre de tranches et en allégeant la charge fiscale pour les revenus compris entre 15 000 et 28 000 €. Cette réforme rapproche la fiscalité en Italie de celle de ses voisins européens, tout en la rendant plus intéressante pour les classes moyennes et les professionnels.

Déductions et crédits d’impôt

Les résidents italiens peuvent diminuer leur IRPEF grâce à diverses déductions : personnes à charge, frais médicaux, frais de scolarité, cotisations retraite, ou encore rénovations énergétiques dans le cadre de dispositifs comme le Superbonus.

Ces déductions peuvent fortement réduire l’impôt à payer, mais exigent des justificatifs précis et s’appliquent au cas par cas. Pour éviter la complexité administrative, de nombreux expatriés choisissent des régimes forfaitaires, qui simplifient la déclaration en supprimant la plupart des déductions.

Scène de marché local en Sicile, illustration concrète de la fiscalité en Italie

2. Régimes de flat tax pour les expatriés

La fiscalité en Italie s’est modernisée pour séduire les expatriés, avec plusieurs régimes forfaitaires qui allègent fortement l’imposition sur les revenus étrangers.

Forfait de 200 000 € pour les nouveaux résidents

Si vous avez vécu hors d’Italie pendant au moins 9 des 10 dernières années, vous pouvez opter pour un impôt forfaitaire de 200 000 € par an sur vos revenus étrangers, valable 15 ans. Ce régime supprime l’obligation de déclarer vos actifs ou successions à l’étranger. Les membres de la famille peuvent être ajoutés pour 25 000 € chacun. L’avantage fiscal débute dès que votre résidence fiscale en Italie est reconnue.

Flat tax de 7 % pour les retraités

Les retraités étrangers installés dans une commune de moins de 20 000 habitants dans le sud de l’Italie peuvent bénéficier d’un taux unique de 7 % sur leurs revenus étrangers pendant 10 ans, à condition de ne pas avoir résidé en Italie au cours des 5 dernières années.

Taux forfaitaire de 15 % pour les freelances

Les indépendants dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 85 000 € bénéficient d’un taux fixe de 15 %, réduit à 5 % pendant les 5 premières années. Ce régime supprime la TVA, l’IRAP et la majorité des obligations comptables. Depuis 2025, il est aussi compatible avec un emploi salarié à temps partiel.

Exonération partielle pour les salariés

Les nouveaux résidents exerçant une activité salariée en Italie bénéficient d’un abattement fiscal de 50 % (ou 60 % avec enfants à charge) pendant 5 ans. Pour en profiter, il faut avoir résidé à l’étranger au cours des 3 années précédentes et être titulaire d’un diplôme.

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3. Fiscalité des entreprises et IRAP en Italie

En 2025, la fiscalité en Italie reste stable tout en offrant des avantages ciblés aux entreprises innovantes et aux investisseurs internationaux. Le pays modernise son cadre fiscal pour attirer les capitaux et soutenir la transformation numérique.

Impôt sur les sociétés (IRES)

Les bénéfices sont soumis à un taux fixe de 24 %, appelé IRES. Ce taux, en place depuis 2017, se situe dans la moyenne européenne.

Des déductions fiscales sont prévues pour les dépenses en recherche, innovation digitale ou investissements matériels, notamment dans les dispositifs Industria 4.0 et 5.0. Une déduction pour capitalisation permet aussi de réduire l’imposition lors d’apports en fonds propres.

Les sociétés étrangères exerçant une activité régulière en Italie (bureaux, usines, succursales) sont également redevables de l’IRES.

IRAP : impôt régional sur la production

L’IRAP, fixé à 3,9 %, s’ajoute à l’IRES et s’applique au résultat d’exploitation. Les charges de personnel sont peu déductibles. Les freelances et indépendants en sont exonérés depuis 2022, ce qui allège la fiscalité en Italie pour les petites structures et entrepreneurs expatriés.

Incitations régionales et taux global

Le taux global combiné IRES + IRAP atteint environ 27,9 %, mais il peut être réduit dans certaines régions. Les zones économiques spéciales (ZES) du sud de l’Italie — comme la Calabre ou la Sicile — offrent jusqu’à 40 % de crédits d’impôt, des exonérations de charges et une administration simplifiée.

Terrasse de restaurant typique sur le lac de Côme avec drapeau italien

4. TVA (IVA) en Italie

La TVA (Imposta sul Valore Aggiunto ou IVA) s’applique à la majorité des biens et services. Le taux varie selon le type de produit :

CatégorieTaux
Produits et services standards22 %
Tourisme, restauration10 %
Santé, services sociaux5 %
Produits de base (livres, pain…)4 %

Entreprises et régimes

Les entreprises et freelances doivent facturer la TVA, sauf s’ils relèvent d’un régime simplifié comme la flat tax à 15 %. Des déclarations régulières sont requises.

5. Fiscalité immobilière en Italie

Que vous achetiez, louiez ou investissiez dans un bien, comprendre la fiscalité en Italie appliquée à l’immobilier est essentiel. Les impôts varient selon la nature et l’usage du bien.

IMU : taxe municipale

L’IMU (Imposta Municipale Unica) s’applique aux résidences secondaires, logements de luxe et biens locatifs. Les résidences principales sont généralement exemptées, sauf celles classées comme luxueuses (catégories A/1, A/8, A/9).
Le taux varie de 0,4 % à 0,76 %, basé sur la valeur cadastrale, avec un paiement en deux fois (juin et décembre).

Autres frais locaux

  • TARI : taxe sur les déchets, due par l’occupant.
  • Droits d’enregistrement : appliqués aux baux ou actes notariés.
  • TASI : supprimée depuis 2020, intégrée à l’IMU.

Revenus locatifs

Les propriétaires peuvent choisir entre :

  • Le régime progressif IRPEF (avec déductions),
  •  Ou un prélèvement forfaitaire de 21 % (cedolare secca) sur le montant total des loyers perçus — plus simple et prisé par les non-résidents. 

IVIE : biens immobiliers à l’étranger

Les résidents fiscaux italiens possédant des biens hors d’Italie paient l’IVIE, soit 1,06 % de leur valeur (marché, cadastrale ou d’achat). Les expatriés sous le régime à 200 000 € sont exemptés de celui-ci.

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6. Héritage et donations en Italie

Taux et abattements

Les droits varient selon le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire :

Lien avec le défuntTaux d’impositionAbattement
Conjoint et enfants4 %1 000 000 €
Frères et sœurs6 %100 000 €
Autres membres de la famille6 %Aucun
Non-parents8 %Aucun

Chaque enfant peut donc hériter jusqu’à 1 million d’euros sans impôt. Seule la part excédentaire est taxée à 4 %.

Donations

Les donations appliquent les mêmes barèmes que les successions : il est possible de transmettre jusqu’à 1 million d’euros par enfant, en une ou plusieurs fois, sans impôt.

Bénéficiaires en situation de handicap

Les héritiers présentant un handicap grave bénéficient d’un abattement supplémentaire de 1,5 million d’euros, quel que soit leur lien avec le défunt.

Pourquoi c’est avantageux pour les expatriés

Comparée à la France (jusqu’à 45 %) ou au Royaume-Uni (40 % au-delà de 325 000 £), l’imposition italienne sur les transmissions est nettement plus légère. Mieux encore : les expatriés ayant opté pour le forfait fiscal à 200 000 € sont totalement exonérés d’impôt sur les biens situés à l’étranger.

Concept visuel de fiscalité en Italie avec calculatrice et drapeau italien

7. Plus-values et fiscalité des investissements en Italie

Les plus-values et revenus du capital sont imposés séparément des salaires. La majorité est soumise à un taux forfaitaire de 26 %, qu’il s’agisse de la vente d’actions, des gains sur ETF, des dividendes ou des intérêts. Les obligations d’État italiennes bénéficient d’un taux réduit de 12,5 %. Les pertes peuvent être déduites des gains imposables de même nature.

Dès 2026, les plus-values sur crypto-actifs seront taxées à 33 %. Une option unique en 2025 permet de revaloriser ses actifs numériques avec un impôt substitutif de 18 %, afin de réduire la fiscalité en Italie sur les gains futurs.

Les résidents italiens paient aussi une taxe annuelle de 0,2 % (IVAFE) sur les actifs financiers détenus à l’étranger, ainsi qu’une taxe fixe de 34,20 € par compte bancaire étranger (au-delà de 5 000 €). Pour les placements dans des juridictions non coopératives (blacklistées), le taux passe à 0,4 %.

Les expatriés sous le régime forfaitaire à 200 000 € sont totalement exonérés de l’IVAFE et des obligations de déclaration de patrimoine étranger.

8. Cotisations sociales en Italie

Au-delà de l’impôt sur le revenu, la fiscalité en Italie comprend des cotisations sociales obligatoires finançant la retraite et le système de santé public. Elles sont gérées par l’INPS (Istituto Nazionale della Previdenza Sociale).

Salariés

Les salariés versent environ 9 à 10 % de leur salaire brut, tandis que l’employeur prend en charge entre 23 et 24 %. Cela représente un coût social total supérieur à 33 %, ce qui place le travail parmi les charges fiscales les plus lourdes du système italien.

Indépendants et freelances

Les indépendants doivent cotiser à hauteur de 26 à 27 % de leurs revenus, même lorsqu’ils optent pour le régime forfaitaire à 15 %. Ce régime simplifie l’impôt sur le revenu, mais pas les cotisations sociales. Certains freelances peuvent répercuter 4 % de ces charges sur leurs factures clients.

Coordination internationale

L’Italie a signé des accords avec l’UE, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et d’autres pays (voir la liste) pour éviter les doubles cotisations et garantir que vos années de travail soient prises en compte dans votre pays d’origine. Un point clé pour les expatriés qui souhaitent faire valoir leurs droits à l’international.

9. Pourquoi l’Italie séduit les expatriés en 2025

En 2025, la fiscalité en Italie devient un réel atout pour les expatriés. Avec ses régimes forfaitaires, ses droits de succession modérés et ses exonérations sur les revenus étrangers, le pays rivalise avec le Portugal ou la Suisse.

Des successions allégées et pas d’impôt sur la fortune

Les héritages sont taxés entre 4 % et 8 %, avec de généreux abattements. L’impôt sur la fortune n’existe pas, et les taxes sur les biens étrangers (IVAFE, IVIE) sont limitées, voire supprimées sous régime forfaitaire — un cadre avantageux pour transmettre son patrimoine.

Des revenus étrangers peu ou pas imposés

Forfait à 200 000 €, taxe à 7 % pour les retraités, réduction de 50 % pour les nouveaux actifs: ces régimes permettent d’alléger considérablement la fiscalité sur les revenus mondiaux — à l’inverse de la France ou du Royaume-Uni.

Une fiscalité pensée pour les mobiles

Grâce aux dernières réformes, l’Italie mise désormais sur les télétravailleurs, investisseurs et retraités. Sa politique fiscale devient un outil d’attractivité pour ceux qui souhaitent optimiser leur installation et leur mobilité.

Vue aérienne de Florence au coucher du soleil, symbole culturel de l’Italie

Conclusion : l’Italie, un nouveau paradis fiscal pour expatriés ?

Sans être un paradis fiscal au sens strict, la fiscalité en Italie en 2025 s’avère bien plus avantageuse qu’auparavant. Régimes forfaitaires, exonérations sur les revenus étrangers, faible taxation des successions…

Les réformes récentes en font une destination de plus en plus prisée par les expatriés souhaitant conjuguer cadre de vie agréable et optimisation fiscale.

Et si vivre la dolce vita, c’était aussi choisir un pays où vos impôts ont du sens ?

FAQ

Oui. Si vous passez plus de 183 jours par an en Italie, vous êtes considéré comme résident fiscal et devez payer des impôts sur l’ensemble de vos revenus mondiaux — sauf si vous êtes éligible à un régime forfaitaire spécial.

Pour certains profils, oui. Grâce à des régimes comme le forfait à 200 000 € pour les nouveaux résidents ou la taxe à 7 % pour les retraités, la fiscalité en Italie est devenue bien plus attractive qu’avant.

Les sociétés paient 24 % d’IRES (impôt sur les sociétés) et environ 3,9 % d’IRAP (impôt régional). Le taux effectif peut varier légèrement selon la région, le secteur d’activité ou les investissements stratégiques.

Le taux standard de TVA (IVA) est de 22 %, un peu au-dessus de la moyenne européenne. Les produits de première nécessité sont soumis à des taux réduits de 4 % ou 5 %, tandis que l’hôtellerie et la restauration appliquent 10 %.

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